La Commission a besoin d’une nouvelle gouvernanace!

!Les prochaines réorganisations et le jeu de chaises musicales des Directeurs généraux sont une occasion à ne pas rater!  

R&D représente des milliers de collègues qui servent le projet européen avec engagement et dévouement et qui, malgré tout, n’ont pas perdu l’espoir que notre Institution retrouve sa  crédibilité auprès des citoyens.

Aussi, nous nous sommes réjouis des premières prises de position du nouveau collège et du Président Juncker qui vont dans la bonne direction. Ceci tant en ce qui concerne la défense de l’institution et de son personnel des attaques qui lui sont adressées que de la volonté de mettre la transparence et « accountability » au cœur de l’action politique de la Commission.

Il ne faut pas en rester là! La panoplie de réorganisations annoncées et le jeu de chaises musicales des Directeurs généraux qui sont en train d’être décidés, doivent être une occasion à ne pas rater pour revenir à une gouvernance interne adéquate aux défis qui attendent la Commission.

Tournons tous ensemble la page de la Commission Barroso…

 En effet, sous la présidence Barroso, tout a été géré dans l’opacité et accompagné par des fleuves de belles paroles et de promesses vides qui n’ont pas été tenues.

Une panoplie de réorganisations ont été mises en œuvre, un tourbillon permanent de chaises musicales a fait devenir notre institution un véritable carrou­sel, la piste d’atterrissage pour une invasion de parachutages dont souvent les places dans les organigrammes avaient été libérées grâce à des réorgani­sations ad hoc en privant ainsi de toute crédibilité tant l’organisation des services que les procédures de  nomination …

Concernant le collège, plusieurs Commissaires ont donné l’impression d’agir sans la moindre collégialité et coordination.

R&D n’a jamais nié le rôle essentiel d’impulsion politique du collège et s’est toujours opposé aux approches autoréférentielles de quelques Directeurs gé­néraux qui ont confondu leur rôle de fonctionnaire avec la mission politique d’un Commissaire.

Néanmoins, sous la Commission Barroso la gouvernance des services a été axée sur le rôle absolument prédominant des cabinets s’immisçant même dans les plus petites décisions administratives des services.

La confusion des rôles et des responsabilités de chaque acteur a ainsi rendu opaques tant la gouvernance de l’institution que les processus décisionnels.

Tous les appels pour revenir à une répartition équilibrée des rôles et des responsabilités de chaque acteur sont restés sans réponse. Les résistances internes ont été « découragées » et tous les contrepoids ont été effacés : personne ne devait oser déranger « le conducteur » …la Commission Barroso était devenue un autobus!

Néanmoins, R&D ne s’est jamais résigné à cette dénaturation et démantèlement progressifs et a donné son apport aux réflexions critiques conduites au sein du PE pour mettre en exergue les limites de l’organisation interne et de la  gouvernance de notre institution pendant les deux mandats de la Commis­sion Barroso.

…Tournons tous ensemble aussi la page d’une gouvernance opaque et inefficace

 Cette opacité dans la définition des rôles et ce manque cruel de coordination a largement empiré avec la décentralisation effrénée, fruit de la désastreuse Réforme Kinnock avec un affaiblissement progressif des instances centrales. Dans ces conditions, les procédures administratives ont été mises en œuvre par chaque Direction générale de manière dispersée et sans guidance adéquate, en ouvrant la porte aux dérapages et en gaspillant des ressources pré­cieuses ainsi soustraites à la mise en œuvre des missions politiques confiées à notre institution.

Le Secrétariat général a été progressivement réduit au rôle d’appendice du cabinet du Président, n’étant plus en mesure d’assurer sa mission de guidance et d’arbitrage vis-à-vis des DGs.

La DG HR a perdu progressivement son rôle de gardienne de la bonne application du statut et de la coordination de sa mise en œuvre par les DGs, en privant ainsi l’institution de toute vision d’ensemble et d’une quelconque maîtrise centrale.

La gestion désastreuse des recrutements des AC est un exemple parmi d’autres. Pire encore, dans certains cas – par exemple dans l’organisation des derniers concours internes – les services de la DG HR ont donné l’impression d’être réduits au rôle de simple et docile cheville ouvrière. Pour ne pas parler de la gestion la plus erratique des procédures de promotion, ou en tout dernier lieu, l’acharnement absolument incompréhensible sur l’exercice de certifica­tion.

De manière générale, depuis l’entrée en vigueur du nouveau Statut, la représentation du personnel a dénoncé que la DG HR a choisi d’appliquer dans tous les cas le nouveau statut de manière plus restrictive par rapport aux décisions adoptées par toutes les autres institutions. Ceci alors que l’unicité du statut et l’exigence d’en assurer une application cohérente a été un des éléments qualifiants de la proposition de Réforme présentée par la Commission et est maintenant expressément prévue dans le nouveau statut.

Notre personnel ne prétend pas un traitement privilégié par rapport aux collègues des autres institutions mais ne peut plus accepter d’être systématique­ment pénalisé !     

    Les premières décisions de la Commission Juncker vont dans la bonne direction …

    R&D se réjouit de constater que les premières décisions et orientations de la Commission Juncker vont dans la bonne direc­tion.

D’une part, une répartition plus claire des responsabilités au sein du Collège avec le rôle de coordination des Vice-présidents permet d’espérer de dessiner une gouvernance politique plus claire et un retour à une approche collégiale de notre institution.

D’autre part, concernant l’organisation des services, le renforcement du rôle du Secrétariat Général et la volonté d’un retour à sa mission de véritable service de coordination des autres DG, chargé également d’assister les Vice-présidents, la centra­lisation des responsabilités d’audit interne auprès de l’IAS, la mise en place d’un Service Commun Central pour assister les DG de la famille Recherche et assurer une mise en œuvre coordonnée et homogène de Horizon 2020….sont autant de dé­marches bien inspirées.

De même, R&D se félicite des propos tenus par le Premier Vice-Président Timmermans lors de la sa rencontre du 13 mars dernier avec les Directeurs généraux, en ce qui concerne notamment l’exigence de changer profondément la gouvernance de notre institution, pour qu’elle puisse de nouveau assumer le rôle que les Traités lui confient et répondre aux attentes des citoyens. Le Premier Vice-Président Timmermans a tenu à souligner l’excellence de notre personnel qu’il a pu constater dans ses relations avec les services. Il a donc invité les Directeurs généraux à associer étroitement le personnel aux efforts et aux changements afin que les collègues retrouvent le sens de leur mission.

          Monsieur le Président, il ne faut pas en rester là.

Il n’est plus acceptable d’envisager des centaines de mouvements et déménagements gérés sans le moindre accompagne­ment, dans l’improvisation et sans que les collègues ne comprennent le sens même et les finalités des décisions.

Avant de réorganiser les services et d’établir les organigrammes, il faut d’abord clarifier la nouvelle mission de chaque Direc­tion Générale et Service.

Les décisions concernant les nominations des Directeurs Généraux ne doivent pas constituer un exercice de pur pouvoir et un pénible « spoil system » inavoué.

Le personnel ne doit pas être laissé dans l’incertitude, en attendant l’annonce des réorganisations, déménagements et les noms des futurs Directeurs généraux, devinettes qui animeront les cafétérias et les couloirs de nos bâtiments pendant des se­maines …

Le personnel et ses représentants doivent être associés à ces efforts, comprendre les mesures adoptées,  se sentir investis d’une mission claire et utile pour l’institution et pour les citoyens.

C’est le respect que les collègues demandent, comme confirmé une nouvelle fois par les résultats du dernier staff survey. 

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